Billet d'humeur d'une rentrée. 6h57

Billet d'humeur d'une rentrée. 6h57
On se lève, on marche... Le train. Le roulis étouffé des pistons, les lattes ferrées, la brume du matin. Trois notes d'une chanson, un brouhaha anémique, des silhouettes, des pantins. La gare qui s'offre comme une femme, écarte les jambes, râle à l'arrivée comme une putain. A quai la foule s'écoule mais on ne jubile pas. Les heures tournent, les amants sont las. Le croissant trempe dans le café, les journaux arrivent, un avion, un crash, les nouvelles pour ainsi dire. On marche, c'est le matin, les heures tournent, on se traine au bureau, le croissant est encore là. C'est l'instant tragique, du lait ou un sucre dans le gobelet plastique?.. Je ne bois plus de café!
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# Posté le lundi 07 septembre 2009 16:11

Modifié le samedi 26 septembre 2009 22:08

Une inconnue, de la testostérone et puis la nausée. 7h47

Une inconnue, de la testostérone et puis la nausée. 7h47
Le bitume est ridé, la chaleur injecte son embrun, des talons résonnent. Elle arrive, elle débarque. Une sirène perdue loin de l'odyssée. Au bruit de ces pas les hommes se retournent. Elle est la silhouette dont on rêve depuis l'été. Une cerise à l'éclat rouge de passion. Une Lolita à la jeunesse pleine. Une poupée malsaine... Elle s'écarte du quai, s'enfuit dans la ville, disparait! On marche, on cherche, on s'agite... On la manque! Elle est partie. La raison, elle, revient. C'était une inconnue... Je vomis.

# Posté le dimanche 20 septembre 2009 08:22

Modifié le mardi 27 octobre 2009 17:38

Dans les rues. 7h48

Dans les rues. 7h48
Le bon temps c'est celui qui est ailleurs ou à la maison, mais dans les rues il ne fait jamais "bon". La rue c'est le trivial qui arpente la ville, un chemin plein de vulgarité.On y croise Brigitte qui râle à propos de ses voisins, on y trouve les poubelles le jeudi matin. On hurle, on se cogne, ça klaxonne. On s'ignore, on se croise, on ne se connait pas. La masse informe glisse entre des veines qui coagulent au quotidien. Les voitures crachent sur la route, crient à chaque carrefour, et à tout rond-point. Si le feu pouvait rester au rouge, que la plaisanterie urbaine prenne fin dans une fatale embolie.

# Posté le samedi 26 septembre 2009 21:26

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 09:35

Le Bureau. 8h02

Le Bureau. 8h02

Le troisième cercle de l'enfer, ou peut-être le quatrième, enfin il en vaut bien deux. C'est du bureau dont il est question. Point de départ d'une journée qui semble s'étendre jusqu'au bout de l'ennui, on ne peut que s'y plaindre. La paperasse voilà l'ennemi, la bêtise est un pathologie qui se transmet en dossier; la fainéantise un mal qui nait du mot "employé". Trente-cinq heures et c'est toujours trop, à croire que l'audace est sans limite. On les voit flâner, râler mais certainement pas... comment dit-on déjà? La sueur est devenue quelque chose que l'on exècre, c'est qu'on ne la connait plus, c'est qu'on ne souffre plus. Le travail n'est plus une peine que par l'ennui qu'il diffuse. On accuse l'autre d'oisiveté, pour mieux oublier qu'on ne fait rien, que celui qui a compris toute cette histoire, est au bout du couloir. Il taquine la poubelle de boulettes de papier, et flirt à la photocopieuse, entre deux congés pour maladie contagieuse.
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# Posté le samedi 26 septembre 2009 22:05

Modifié le samedi 17 octobre 2009 11:03

Le repas, le dessert, la fin du calvaire.12h27

Le repas, le dessert, la fin du calvaire.12h27
A la cantine des fourneaux crasseux vomissent un plat servi sur une assiette encore tiède du repas d'un autre. Y trône une côte d'agneau... une bête abattue pour plus de gras que de viande. C'est qu'une fois passé à l'abattoir, son calvaire n'est pas fini. On dédaigne sa carcasse ici d'une onomatopée disgracieuse. Elle a vécu pour rejoindre l'étale d'un boucher et maintenant on la jette à la poubelle sans regret. Dans le repas il y a toujours du coupable, on continue à vivre parce qu'un autre est mort, on continue à vivre parce qu'à plein coeur dans une chair saignante on mord. Alors quitte à tuer, autant que cela fusse bon, en se rappelant, au dessert, que ne dort pas, seulement, dans notre panse, des meurtres et du sang, des râles et des bêlements.
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# Posté le samedi 26 septembre 2009 22:17

Modifié le mardi 27 octobre 2009 17:42

Les oreilles pour nous sauver. 17h31

Les oreilles pour nous sauver. 17h31
A la fin de sa quotidienneté on se sent las, fatigué d'une existence, dont on a jamais demandé à prendre les rênes.Dans notre torpeur l'habitude nous saisi la main, la glisse dans notre poche et nous met aux oreilles des écouteurs. La musique nous aveugle. Borgnes nous visitons le pays des songes. Nous nous découvrons une myopie qui nous donne à voir le monde et ses couleurs mais nous interdit les formes. Le rythme est une suggestion entre habitude rassurante et nouveauté bouleversante. Un entre deux, un espace entre les choses. Une ébauche de fuite face à notre médiocrité. Le son a marié le corps et l'esprit. Il peut bien être le miracle de ma journée, le sourire aux lèvres de Sisyphe.
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# Posté le samedi 17 octobre 2009 12:49

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 10:21

Les pâtes d'un italien perdu au coeur de Metz. 21h

Les pâtes d'un italien perdu au coeur de Metz. 21h

Ding Dong il est 9 heure, le ventre hurle assez pour se faire entendre au delà des soupirs du clocher voisin. La nuit brille dans la ville, les passants sont bruyants, nous retrouvons notre habitude. Un petit restaurant, un bout d'Italie qui a croisé le gris de Lorraine. "Bonjour que puis-je vous servir?" la même phrase tous les jeudis, à la même heure, un repère dans l'éternité de nos semaines. "Penne pour moi, spaghetti pour lui - Pesto rouge pour moi, pesto vert pour lui." Un doux combat qui se suit au grès du temps, comme un moyen de se rappeler que si tout semble nous rapprocher, il reste au creux de nos vies une différence intime, quelque chose de superficiel, une écorce subtille. La journée d'un étudiant est un calque sur nos vies, on est ailleurs pour faire la même chose, à la même heure. Nous partageons tout, jusqu'au prénom, heureusement que mes pâtes ne sont pas les siennes, que Metz n'a rien de fade, que nos souvenirs nous raconte des histoires.

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# Posté le samedi 17 octobre 2009 10:53

Modifié le mardi 27 octobre 2009 17:52

Le temps des amours. 03h15

Le temps des amours. 03h15


Les doigts se cherchent, finissent par se trouver, leurs mains s'enlacent, c'est la fin du passé. Avec les caresses commence un idylle, où les aveux y sont une douceur facile. Le temps en suspens écoute la pluie tomber, les secondes sont parties, les heures tombent dans l'oubli. Elle est sa passion, lui son amour. Elle habille, de ses cheveux et de ses boucles, une poitrine à l'abandon. De ses mains et de sa langue il sculpte une silhouette qu'il apprend à connaitre. Les corps se parcourent, les jambes se trouvent, on y fait des rencontres. Horizontale, elle prend du plaisir, passée la première douleur, elle veut l'excès, demande à suffoquer. Lui, jouis d'être homme, et n'est pas plus raisonnable à ce jeu, qu'ils découvrent à deux. Entre "Je t'aime" et soupirs résonnent un silence, entre regard et brutalité le coeur balance. Il naît le "nous" qu'on ne rencontre jamais plus ailleurs. Celui qui fait que le "tout" était ici il n'y a pas une heure. Le réveil sonne, le rêve continue pourtant.

Une autre journée m'attend.


"Je" se perd entre les lattes d'un lit branlant,
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# Posté le samedi 10 octobre 2009 18:59

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 14:37

Le même, une erreur.

Le même, une erreur.
Les journées filamenteuses composent au grès de certains leurs existences ennuyeuses. Structure organisée, mouvement homogène, notre temps est une parade à l'angoisse. Tout serait égal, tout serait le retour. Rien pourtant ne se répète. Retrouver aujourd'hui ce qui était hier, y répondre de la même manière, c'est croire au cercle. On ne retrouve pourtant jamais rien, tout part, s'écarte, se dissémine. Le sens s'en va avec la phrase, comment mettre des mots sur ce qui serait le même? C'est qu'un mot est déjà tant, il est celui que je crois, il est aussi celui que tu penses. Lui juxtaposer un compagnons appelons cela démultiplier le sens. Un sens perdu dans les valses de nos jeux, nos jeux de langage. Rien ne se répète (si ce n'est les phrases). Le sens s'en va, avec lui le rêve du retour.
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# Posté le samedi 07 novembre 2009 09:56

Modifié le samedi 07 novembre 2009 11:02