Prologue -Le Voyage-

Prologue          -Le Voyage-
Le vent caresse ma tempe humide. Je peste après Alizé et autre Zéphyr, je veux m'en aller. Courir à perdre haleine, allant tout droit peut-être n'importe où, pourvu que je ne trouve rien qui puisse m'arrêter. Villes, océans et cieux, je veux tous les voir. Le voyage oui, je l'embrasse, qu'il m'emporte, jamais je ne veux poser un pied à terre. La quiescence est un espace refermé, je le tiens pour poison, il me faut m'en exiler. Qu'éclate barreaux et fers, je m'en irai je veux connaitre cet endroit qu'on appelle ailleurs. Je veux arpenter les rues, voir ceux qui grattent le ciel, les gens qui déambulent, les lampadaires qui sommeillent. J'irai à travers les saisons, là la fleur a éclot, là où le le sable embrasse les flots. J'irai à travers les temps, là où le vent et le froid sont fatals, là où le gel est une pluie de cristal.

Toute cette course pour trouver un autre... Pour te trouver. Pour peut-être des mes lèvres tremblantes à ton prénom apposer le mot grave d' "aimée".
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Saturday, 12 December 2009 at 6:02 PM

Edited on Wednesday, 23 December 2009 at 11:24 AM

Le Printemps

Le Printemps
Comme un enfant qui apprend à marcher, le printemps débute et balbutie. La belle saison est un commencement, elle commence et puis, elle ment. Ce jeu de mots facile a quelque chose de vrai. Au premier pas des choses, je vois la promesse, je vois la nouveauté, puis au second je vois l'ivresse, je vois l'exagéré, au troisième ne reste que l'ennui et le regret. Les commencements sont beaux, il ne faut pas croire qu'ils puissent se finir. Hier l'hiver s'effondra, avec lui, le morose. Aujourd'hui les cerisiers sont roses, le printemps est là.
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Friday, 20 November 2009 at 6:55 PM

Edited on Wednesday, 23 December 2009 at 3:08 PM

Bonjour Gaîté

Elle vient de loin quand résonnent les pleurs; Gaîté, on te croit si peu qu'on t'évite. Ce matin, Il est triste, elle l'a quitté. Comme les oiseaux s'en vont à l'automne après un bel été, elle, après quelques baisers s'est enfuie. Il a le coeur lourd. Il ne veut pas sourire. Il joue la comédie. Il est abattu, mais en fait plus que trop. Il est sombre parce qu'il le faut. On lui rappelle le temps d'avant, quand résonnaient rire et banalité. Il ne veut pas l'entendre. Vient le moment où le masque tombe. On ne peut, indéfiniment, se cacher. La vie continue, avec elle, la surprise, la volupté. Ce matin il se regarde dans le miroir, il ne fait plus attention, il se relâche, la comédie est finie. Voilà, enfin, il a sourit. Quelque chose est né dans l'écho des sanglots, un bébé crie, une vie commence. Bonjour Gaîté, bonjour Mélodie.

Bonjour Gaîté
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Saturday, 21 November 2009 at 6:41 PM

Edited on Saturday, 05 December 2009 at 11:17 AM

Bonjour érostisme sucré

Mélodie vulgaire... insolente... la langue perdue sur son corps, elle caresse, elle adore. La pudeur est ici ailleurs, comme perdue. L'envie la prend, la saisit, elle s'y abandonne dans une délicate impatience qu'elle tyrannise. Une, deux, trois secondes, c'est à peine si elle s'approche de l'extase, doucement l'envie la presse. Une, deux, trois gouttes, perlées, sur son amant, que ses lèvres amoureusement ont emportées. On s'attend à tout comme à rien, à chaque moment, elle, prédateur, peut fondre sur sa proie, y enfoncer ses ongles, le dévorer sans plus de manière. Sournoise, cependant, toute qu'elle est, c'est des yeux qu'elle dévore la victime affolée. Un, deux, puis trois! La voilà qui dans un élan torride la boit.
Cannette de Cola.
Bonjour érostisme sucré

# Posted on Sunday, 29 March 2009 at 10:29 AM

Edited on Wednesday, 23 December 2009 at 2:39 PM

Bonjour Naples

Bonjour Naples
Une canette, c'est le décor du monde entier ça, une canette. Elle est à Rome comme à Paris, elle vient d'Atlanta, elle semble pourtant toujours d'ici, la canette. Ici, aujourd'hui, c'est Naples, la belle, la vieille, la dangereuse Naples. C'est une canette qui est tombée d'une poubelle, ces poubelles qui sont partout. Ici le déchet c'est le voisin, les ordures sont les passants. Ici il y a eu depuis longtemps quelque chose qui s'est brisé. Le crime est venu baptisé de ce nom de terreur "Camorra". Les choses ont pris une drôle de tournure, la peur est le quotidien. Les napolitains vivent d'arrangements, de petites affaires. Les jours passent et il y a cette odeur putride d'abandon dans les rues, on vit dans la honte d'une loi façonnée par les malfrats. On travaille pour le frère Luigi, on retape sa maison pour de l'argent aussi noir que la cave. On a les mains sales quand on habite à Naples, on connait le mal, on l'a croisé, hier encore, au coin d'un café. La drogue ne passe plus sous le manteau mais sur la table. Définitivement l'air est malsain, pourtant les autochtones semblent ne pas s'en émouvoir. On va au stade le dimanche, on mange une glace quand il fait chaud, on fait la sieste quand il faut. Ils ont depuis longtemps abandonné, ils sont depuis longtemps résignés. Ils ont accepté le nauséabond. Bonjour Naples.
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Wednesday, 23 December 2009 at 9:20 PM

Edited on Wednesday, 23 December 2009 at 9:32 PM

Bonjour culpabilité

Bonjour culpabilité


Au marché à Naples...
J'ai volé une pomme, je ne risque pas de la rendre, je l'ai mangée. J'avais faim; j'ai volé une pomme. Elle n'avait pas bon goût -je l'avais volée- après l'avoir mangée, j'avais encore faim -je l'avais volée cette pomme- très faim même. J'allais, la tête basse -je l'ai volée, cette maudite pomme- je sentais le pourquoi de mon problème mais ne voulais le dire. "J'ai volé!". Une pomme ce n'est qu'une moitié de repas, un repas de misérables. Oui mais je ne suis pas un voleur, alors pourquoi? Parce que j'avais faim. Oui mais je ne vole pas une pomme chaque fois que mon ventre grogne. J'ai volé, j'ai décidé de voler une pomme, j'ai fait quelque chose de mal. Et après? Après... je ne sais pas, les gens ne savent pas ce que j'ai fait, ce n'est pas grave. Pourtant... moi je sais que j'ai volé, je sais que c'est grave. C'était la première fois. Ce sera la seule fois, enfin... je crois. J'ai volé une pomme et après? Après je m'en moque, je sais que c'est mal, je me suis résigné, chaque fois que mes mains seront sales je n'aurais qu'à les laver. La prochaine pomme, si je dois la voler ce ne sera pas grave, si je peux la laisser ce ne sera que tant mieux. C'était la première fois que je volais, que montait en moi un animal affamé, un sauvage qui rongea mes entrailles. Une douleur m'a rattrapé. Je l'ai acceptée. Bonjour culpabilité.
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Saturday, 21 November 2009 at 6:19 PM

Edited on Wednesday, 23 December 2009 at 9:44 PM

Bonjour Tristesse


Un peu plus loin, après la culpabilité.

Une dame, trop polie pour le malheur qu'elle nous amène, me conduit au séjour. Un séjour où il n'y avait ni poignard, ni docteur Olive mais une lettre. On la connait tous cette lettre. La mauvaise nouvelle qu'on ouvre innocemment. A la lecture, nos pupilles s'effacent, un rictus nous prend, qui traduit l'angoisse d'un corps entier. Le drame tombe. un enterrement, une maladie, la fin d'un amour. On s'assoie. Un coup nous a vaincu. Parfois une phrase s'enfuit de nos lèvres, se faufile dans la cheminée et brûle. Le feu est faible. La pièce est toujours sombre à ces heures-là. Le mobilier nous revient , la banalité nous l'avez fait oublier, on ne fait rien, on ne pense à rien. On attend. L'horloge nous rappelle la balade des secondes. les fenêtres nous glissent à l'oreille que le soleil s'étouffe. Cependant je n'interroge que le canapé. On s'y sent bien. on est égoïste dans le canapé. On croit que la dame a eu raison de nous amener ici. On est si bien dans le canapé. On se permet même d'y glisser une larme, un gémissement. Je sens quelque chose monter en moi, doux et noir, tendre et froid. On pourrait l'aimer, on pourrait y croire. Il me chuchote que ce n'est pas ma faute, que je dois l'accueillir. La dame entre à nouveau et je ne trouve que ces mots " Bonjour madame, Bonjour tristesse."
Bonjour Tristesse
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Friday, 04 December 2009 at 6:06 PM

Edited on Wednesday, 23 December 2009 at 10:00 PM

Bonjour Orphée

Bonjour Orphée
Lui aussi avait été triste.

J'entends le bruit de la mer, j'entends les notes de Chopin. Les vagues sont nos soupirs, ils s'écrasent sur la berge. L'histoire d'Orphée c'est le blanc de neige que laisse les flots, l'écume qui est là, qui nous nargue et s'en va. Bonjour Orphée, je n'ai pas oublié ce qu'il reste de ta vie. Deux fois, de chaque coté de l'Achéron, ton amour te fut ravi, le bonheur te disait non. Un serpent, un hasard, la première fois l'engloutit, quand la seconde ne vit que ton remord l'emporter. Ne jamais regarder en arrière, ne jamais y repenser. La joie qui est derrière ne peut être retrouvée. C'est ce que la solitude nous a appris. La lyre seule te reste. Chante à mesure que j'écris, c'est tout ce qui nous reste. Cela suffira à notre bonheur, dans le sillage déjà mort de nos si longues heures. Bonjour Orphée, Bonjour Solitude.
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Saturday, 21 November 2009 at 7:32 PM

Edited on Wednesday, 23 December 2009 at 10:00 PM

Je suis New-York

Je suis New-York
Sur le flanc d'une ville dont nous avons tous rêvée, je m'amuse à réciter ma jeunesse sous un soleil de juillet. Dans ces méandres urbaines, les peuples du monde entier ont pourchassé quelques aubaines et de pauvres commodités. C'est triste à souhait. La belle de liberté, des continents du monde couronnées, s'y incarne. Chimère douce, dont on se sait pourquoi elle bat les océans, les mondes, et les lois. Elle n'est que quelques lettres qui nous enivrent quand on vient d'ailleurs, mais ici c'est la tendre mélodie dont notre enfance fut bercée. Liberté, je m'accroche à tes lèvres que j'embrasse, femme de belle chaire et de folles idées. On s'éprend, on se me méprend à t'aimer. Sur mes yeux se lève une perspective claire, une audace lucide. Je veux croquer dans la pomme, être ton amante, liberté je t'aurais au corps, comme d'autres ont un homme.
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Sunday, 14 June 2009 at 12:37 PM

Edited on Monday, 07 September 2009 at 4:57 PM